PÉAGES D'AUTOROUTES

Péages d'autoroute: mais pourquoi faut-il encore payer?

"Le péage sera limité dans le temps", disait-on en 1961...

Inaugurés en 1961 pour financer la construction des autoroutes, les péages n'étaient censés être que des dispositions temporaires. C'est avec cette promesse qu'en juillet 1961 était ouverte la première autoroute payante, la future autoroute A8.

Les péages ne devaient pas durer longtemps...

Toutefois, au moment de l'inauguration, le discours est un peu différent. Les péages ne sont pas destinés à durer. Au départ, ils ne doiventr rester que le temps de rentabiliser les autoroutes... Aujourd'hui, les sociétés privées gérant les péages sont accusées de réaliser des profits indécents

Les autoroutes, ont leurs utilités et sont l'endroit où il y a le moins d'accidents de la route. Si le besoin s'en fait ressentir, en revanche faire payer de plus en plus cher leur utilisation est on ne peut plus discutable.

Retour sur les trois raisons pour lesquelles les péages perdurent.

• Pourquoi les autoroutes sont payantes?

L'Etat a choisi de faire payer les utilisateurs plutôt que les contribuables.

Aujourd'hui, la France compte en effet 11 882 km d'autoroutes dont 9 048 sont exploités par 19 sociétés concessionnaires d'autoroutes (SCA). Ces entreprises privées construisent, entretiennent et exploitent ces axes routiers, moyennant un péage auprès des usagers.

Elles ont besoin d'être entretenues. Selon l'Afsa (Association des sociétés françaises d'autoroutes), l'argent récolté aux péages est réparti de la manière suivante: 31% pour l'entretien des autoroutes, 20% pour l'exploitation de celles-ci, 32% pour les taxes et les impôts et 2% pour les grosses réparations.Elles ne sont pas encore amorties, ajoute aussi l'Afsa. Afin de financer l'exploitation et la construction de nouveaux tronçons, les concessionnaires ont contracté des emprunts, remboursés au fur et à mesure par les autoroutes. Ainsi, les autoroutes construites dans les années 1960 ne seraient amorties qu'à la fin des contrats de concession, c'est-à-dire entre 2028 et 2033.

A qui va t'on faire croire qu'ils faut 70 ans pour amortir une autoroute

• Des autoroutes rentables?

Saisie par la commission des finances de l'Assemblée nationale, l'Autorité de la concurrence a rendu public son avis le 18 septembre 2014. "La rentabilité exceptionnelle des sociétés concessionnaires d'autoroutes historiques est assimilable à une rente, qui doit être davantage régulée en faveur de l'État et des usagers." En effet, pour 100€ de péage payé par l'utilisateur, les concessionnaires d'autoroutes ont entre 20 et 24€ de bénéfice net!Parmi ses nombreuses recommandations, l'Autorité de la concurrence préconise "la mise en place d'une nouvelle formule de calcul du tarif des péages prenant en compte l'évolution du trafic, susceptible de limiter leur hausse, voire de permettre leur baisse".Elle observe aussi que "la prolongation des concessions doit être l'occasion d'une renégociation avec les sociétés d'autoroutes, dans laquelle l'État doit reprendre la main".

Le scandale de l'A14 : l'autoroute A14 est une autoroute à péage d'environ 21 kilomètres de long située dans l'ouest de l'Île-de-France. Elle relie le quartier d'affaires de la Défense à Nanterre (Hauts-de-Seine) à Orgeval (Yvelines) où elle rejoint l'A131. C'est la première autoroute urbaine à péage en France. Son exploitation est assurée par la société des autoroutes Paris-Normandie (groupe Sanef).

Au 1er février 2018, le tarif des péages pour les véhicules légers est de 8,50 € (réduit à 6,20 € de 10 h à 16 h et de 21 h à 6 h du lundi au vendredi hors jours fériés)
L'A14 : 8,50 € pour 21 km soit 40 centimes du kilomètre ! un scandale

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